Les traversées de toit

Conduits de cheminée (0) 7 min de lecture

On les appelle les traversées de toit ou les pénétrations. Cette définition regroupe tout ce qui transforme une couverture en bon état en passoire, pour faire passer toute la contrebande possible, à commencer par la chaleur ou la pluie, jusqu’aux loirs de bonne taille.

Assurer l'étanchéité

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Le ruban adhésif est la nouvelle arme du couvreur ou de tout professionnel amené à intervenir sur un toit correctement isolé. Il est dégainé à toutes les occasions, car c’est le moyen ultime de rétablir une étanchéité défaillante, dans le cas d’une déchirure, du raccordement entre deux lés de pare-vapeur ou avec sa liaison avec les différentes traversées. Celles-ci créent à chaque fois une discontinuité, donc un point de faiblesse dans le dispositif. Le principe général est donc d’en réduire le nombre le plus possible, alors que les nouveaux aménagements procèdent en sens inverse. En effet, en plus du conduit de fumée traditionnel, s’ajoutent la ventilation mécanique des locaux, les liaisons des équipements installés en toiture, comme les panneaux solaires, ainsi que les différents raccordements aux réseaux collectifs. Il est donc préférable, lorsque c’est possible, de passer par des traversées en façade, par les pignons notamment, plus faciles à calfeutrer.

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Le ruban adhésif est la nouvelle arme du couvreur. Il est le moyen ultime de rétablir une étanchéité défaillante.

Les conduits métalliques

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Le vrai du faux

Aujourd’hui, les conduits métalliques tendent à remplacer les boisseaux maçonnés pour l’évacuation des produits de combustion, de la cheminée ou de la chaudière. La raison principale est technique : les éléments sont modulaires, s’assemblent par emboîtement et sont faciles à ajuster. D’autre part, il est facile d’assurer l’étanchéité à l’air, en plus de l’isolation thermique, de ces conduits. Même en rénovation, il peut s’avérer plus simple de démolir la cheminée existante et de la remplacer plutôt que de tenter un tubage, parfois aux limites des contraintes réglementaires.

Pour conserver un aspect traditionnel, les fabricants proposent toute une gamme d’habillage traditionnel pour la sortie de toit de ces conduits. Mais, bientôt, les sorties de toit inox ne choqueront plus.

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L'étanchéité extérieure

La liaison entre les traversées de toutes natures et le toit, l’abergement, doit garantir l’étanchéité aux eaux de ruissellement, en liaison avec la couverture et l’écran de sous-toiture. Cela peut être fait avec des bandes souples ou des pièces métalliques.
Cette étanchéité s’effectue dans le sens inverse de l’écoulement de l’eau, de bas en haut. L’étanchéité au pied de la souche est placée sur les tuiles alors que pour les côtés et le sommet, elle est placée dessous. Elle est donc réalisée en même temps que la couverture.

L'étanchéité intérieure

À l’intérieur, la liaison entre la traversée et le plafond doit assurer la continuité de l’étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau. Cela se traduit par un traitement particulier de l’écran pare-vapeur. Un manchon suffit pour les conduits froids. Mais pour l’évacuation des produits de combustion, il faut également respecter les règles d’écart au feu. La solution passe par l’utilisation de kits spéciaux qui associent des isolants incombustibles, des raccords d’étanchéité et des plaques de propreté, pour toute l’épaisseur de la traversée, jusqu’au débouché en toiture.

Au bout du conduit, la chaudière

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Chaudière type C1

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Chaudière type C3

Chaudière type C5

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Depuis septembre 2018, le règlement européen interdit la commercialisation des chaudières de type B1. Cela regroupe tous les modèles classique, à combustion libre et sans coupe-tirage, soit la quasi-totalité des chaudières installées en maison individuelles, sauf certaines des plus récentes.
Pour les remplacer, il faut installer une chaudière étanche, de type C, dite à ventouse. Dans tous les cas, cela a une incidence directe sur le conduit. Ce dernier étant le plus souvent maçonné et conçu pour des fumées plus chaudes et non accélérées, il n’est plus étanche à l’eau, au gaz et n’assure plus un tirage suffisant.
Une première solution consiste à désaffecter le conduit et à raccorder la chaudière par un autre moyen, une évacuation horizontale, au travers du mur par exemple (chaudière type C1).
Un autre moyen modifie le conduit existant, pour faire passer l’arrivée et l’évacuation de l’air (type C3) ou seulement la seconde (type C5). Il est alors nécessaire de chemiser le conduit existant par tubage intérieur, à condition que son état et sa section intérieure soient compatibles.
Si vous avez le projet, à terme, de remplacer votre système de chauffage, cette réflexion doit être intégrée à votre projet de rénovation de toiture. Car si le conduit est désaffecté, autant démolir la sortie de toit.

Détails administratifs et législatifs

No Normes

Ca sent le gaz dans le conduit

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Alors que la demande générale tend vers une simplification des aspects réglementaires, il existe des foyers dormants de résistance technocratique particulièrement virulents. Le chef-d’œuvre absolu reste la réglementation thermique que personne n’est plus capable de maîtriser dans son ensemble. En complément, des pépites surgissent. Ainsi en va-t-il de la réglementation en matière des installations de gaz. Jusqu’à présent, la mise en œuvre et la sécurité de ce type d’installation était régies par un arrêté du 2 août 1977, continuellement modifié depuis. Par souci de simplification, il a donc été décidé de le refondre. Ainsi, un nouvel arrêté a été pris le 23 février 2018 et s'applique depuis 2020. Tout est passé en revue, les appareils, les conduits, les réservoirs, les réseaux, les raccordements, les certifications, etc. Bref, c’est touffu. Alors, pour ordonner tout ça à la manière d’un jardin à la française, voilà que l’article 5 (et l’article 30) dégaine le fusil à tirer dans les coins : des Guides. Ils définissent des solutions techniques adaptées pour la conception et la mise en œuvre des installations de gaz.
Après des années de tergiversation, ces guides sont enfin parus, le dernier en janvier 2023. Le guide général des installations compte 221 pages, celui destiné aux évacuations, 135, et celui pour les appareils, seulement 40. Ils sont disponibles sur le site du CNPG (Centre National d'expertise des Professionnels de l'énergie Gaz).

LO Loi

Chaudière, conduit et ramonage

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Un arrêté du 15 septembre 2009 stipule : Art. 1er. L’entretien annuel d’une chaudière dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 400 kW comporte la vérification de la chaudière et de son système de régulation (thermostat), le cas échéant son nettoyage et son réglage, ainsi que la fourniture des conseils nécessaires portant sur le bon usage de la chaudière en place, les améliorations possibles de l’ensemble de l’installation de chauffage et l’intérêt éventuel du remplacement de celle-ci.

Pour le ramonage, c’est plus flou. Le Règlement Sanitaire Départemental Type de 1978, qui peut être adapté selon chaque département, prévoit à l’article 31-6 que les tuyaux de raccordement doivent être vérifiés, nettoyés et réglés une fois par an. Pour le conduit de fumée, l’obligation passe, s’ils sont en fonctionnement, à deux ramonages par an, dont une fois pendant la période d’utilisation. MAIS, lorsque les appareils sont alimentés par des combustibles gazeux, les conduits spéciaux, tubés ou n’ayant jamais servi à l’évacuation de produits de combustibles solides pourront n’être ramonés qu’une fois l’an. Donc, en principe, même les conduits ventouse doivent être ramonés. La tâche incombe à l’utilisateur