Maisons Vendéennes

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Si la bourrine ressemble à la bauge bretonne, la comparaison s’arrête là car la Vendée c’est aussi le bocage et le marais poitevin avec ses manoirs si particuliers.

Styles

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Bourrine, métairie, manoir… les styles varient entre pierre et terre, fermes et logis vendéen.

le nuancier de la vendée
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Côté Architecture

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Le Logis, un manoir version Vendéenne

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Du milieu du XVIe siècle jusqu’à la veille de la Révolution, le logis devient une construction spécifique du Bas-Poitou. Synthèse réussie entre le château fortifié et la métairie cossue, il se caractérise par un plan à quatre ailes hérité de la villa gallo-romaine. Autour d’une cour, il regroupe le logement du « maître » et les bâtiments agricoles. Le corps du logis se compose d’une façade à étage aux proportions élégantes coiffée d’un toit à quatre versants. Sur les côtés, les bâtiments font aussi l’objet d’un soin particulier, avec leurs ouvertures plus étroites et leurs murs de pierre brute. On peut entrevoir la basse-cour depuis la porte charretière. Le jardin confirme, par sa composition et le choix d’essences spécifiques, un art de vivre. La présence d’une « fuie » (pigeonnier) rappelle les anciens droits seigneuriaux.

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La bourrine témoigne d’une utilisation accrue des matériaux locaux, comme du sens de l’économie des maraîchins.

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La Bourrine : 100 % naturelle !

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Attestée depuis le XIVe siècle, la bourrine, habitat type du marais breton vendéen, est bâtie sur d’anciennes îles ou dispersée le long d’anciennes digues. Propriété de journaliers ou bordiers (paysans modestes), c’est une habitation de plain-pied orientée sud-ouest. Rarement construite d’un seul jet, c’est une maison bloc-à-terre évolutive prolongée, au fil des générations et des mutations agricoles, par une étable, une « boulangerie » (abritant fournil et remise à outils), un « pondoir » (ou poulailler), ou une soue à cochons. La bourrine témoigne d’une utilisation accrue des matériaux locaux, comme du sens de l’économie des maraîchins, avec ses murs en terre ou « bigot » (appellation locale de « bauge »), couverts de gerbes de joncs, scirpes (maritimes ou d’eau douce), ou « bourre » (roseaux) d’où son nom.

 

La métairie, la ferme tout en un

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C’est une ferme exploitée selon un contrat de métayage (versement par le locataire d’une partie des récoltes au propriétaire). Conçue pour la polyculture, elle compte des dépendances (schiste et granit), autour d’une cour ouverte pour permettre les manœuvres des attelages et y battre le grain. On y trouve souvent un puits, une mare, un potager et un bûcher provenant de la coupe des haies et des futaies. Dotée d’un étage, l’habitation s’ouvre sur un rez-de-chaussée qui abrite deux à trois pièces à feu séparées par un couloir central au bout duquel s’élève l’escalier menant à la salle commune. À l’écart, la grange-étable est une construction soignée ajourée d’un large portail adapté au passage des chars à bœufs et des charrettes à foin. À l’intérieur, deux nefs latérales permettent d’aligner bœufs, vaches et veaux.

Côté Culture

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Histoire et géographie

La Vendée se décompose en trois « pays » : au nord, le marais breton vendéen, au centre le bocage (des Herbiers) et au sud le marais poitevin.

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Du Bocage au marais poitevin

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Au centre, le bocage dessine une marqueterie vallonnée de prairies et de champs aux haies bordées de chemins creux. Au nord s’étend le Haut Bocage, arête dorsale de la Vendée que jalonnent d’anciens moulins. Des Herbiers au-delà de Pouzauges, ses monts des Alouettes (231 m d’altitude), et Mercure (285 m), sont couverts de landes. Au sud, le Bas Bocage alterne grandes parcelles et vallées traversées de rivières aux noms plaisants : la Vie, la Jaunay, la Giboule… Site d’intérêt national, le massif forestier de Mervent-Vouvant compte 5 000 hectares de chênes, charmes, châtaigniers… Situé entre 0,5 et 1,5 m en dessous du niveau de la mer, le Marais poitevin occupe un ancien golfe marin creusé par les glaciers puis colmaté par les dépôts d’argile. Commencés au Xe siècle par des moines, des travaux d’assèchement sont repris par Henri IV qui fait appel à des ingénieurs hollandais. Ainsi naît le marais « desséché » voué à l’élevage ovin ou bovin et aux cultures maraîchères (asperges, mojettes ou haricots blancs…). Vitrine touristique, la Venise verte est la zone du marais « mouillé ». Paradis des randonneurs, elle abrite maints oiseaux migrateurs. On y circule en « plattes », barques à fond plat sous une épaisse voûte végétale de saules, de frênes…