Principes d'un coffrage pour escalier à double quart tournant

Matériaux

Retrouvez les matériaux dont vous avez besoin sur le site Gedimat

Outils

Retrouvez les outils dont vous avez besoin sur le site Gedimat

Colonne de distribution de la maison, cet escalier à double quart tournant en béton coulé que nous vous proposons est un ouvrage robuste, esthétique, économique et sans résonnance. Sa réalisation exige une préparation millimétrée, de la précision, de la patience et du savoir-faire.

Créer un escalier

a gauche

Ce type d’escalier coffré permet la pose de tous types de revêtement et finition : grès à bords rectifiés, terre cuite, béton ciré... Utilisé plusieurs fois par jour, il doit être parfaitement délimité et dimensionné (hauteur des marches, inclinaison…), pour garantir confort d’utilisation et sûreté. Élevé au cœur de la maison, il dresse deux belles volées sculpturales (prenant appui en partie contre un mur de refend), reliées par un palier de repos. L’essentiel de ce chantier repose donc sur la construction du coffrage après avoir tracé son profil. Suivez le guide : en avant, marche !

a gauche

Les planches

Pour chaque marche : une planche verticale pour le nez de marche, une planchette verticale et deux tasseaux.

/uploads/Image/Images_des_articles/creer_un_escalier_suite/creer_un_escalier_suite_col3_2430_464_escalier-02.jpg

Détail d'assemblage

Les marches sont posées en partant du bas de l'escalier. La planche utilisée pour former la marche matérialise en réalité la contre-marche. Celle-ci est fixée aux planches latérales à l'aide de deux séries de tasseaux qui doivent être réglés avec une grande précision pour être de niveau et assurer un écartement constant. Les tasseaux horizontaux règlent l'écartement de chaque marche, les verticaux permettent de solidariser la marche à la planche latérale tout en réglant l'aplomb des contre-marches.

Coffrage d'un escalier

Le coffrage est un moule qui ne doit pas laisser s'échapper le béton. D'où la nécessité de bien le concevoir. Une grande planche constitue le fond du coffrage sur lequel viennent reposer les marches. De part et d'autre une planche matérialise les côtés de l'escalier qui sont solidarisés aux marches grâce à des tasseaux.

La réalisation en vingt et une étape

a gauche
2018-2 - Pages : 114-115-116-117 - Réaliser un coffrage pour escalier à double quart tournant

Tracez le profil de l’escalier sur le 1er mur de refend après avoir calculé ses cotes (ligne de foulée, hauteur de marches, contremarches...).

Mesurez la hauteur et la profondeur de chaque marche et contremarche. Les tracer parfaitement de niveau et d’aplomb en utilisant un niveau à bulle.

Creusez une saignée dans la maçonnerie des trois murs de refend (avec un perforateur burineur), au dessus de la ligne de montée.

Créez la structure porteuse du palier. Deux madriers sont posés de chant sur des étais réglables. Un des deux madriers est adossé contre le mur du fond, l’autre repose sur les seuls étais. Des piges maintiennent l’écart. Le niveau est pris.

Puis, plaquez un bastaing sous la ligne de foulée de la future 1ère volée. Le fixer à l’aide de serre-joints traversant la maçonnerie ou de chevillettes si ce n’est pas possible. Il forme le 1er limon de la 1ère volée.

Placez un 2e limon parallèle (95 cm d’écartement), prenant appui entre le sol et le palier. Pour maintenir l’écart entre les deux limons, des planches sont clouées. Soutenez ce limon avec des étais.

Clouez de même des planches transversales aux madriers du palier. Notez la saignée dans la maçonnerie qui recevra le treillis en acier et le béton lors du coulage.

Plaquez contre le 2e mur de refend un limon bloqué par des serre-joints. Clouez une planche à sa perpendiculaire avant de positionner le second limon (95 cm d’écartement).

Détail de la «paillasse» (support du fond du coffrage), cloué entre les deux limons inférieurs avant de recevoir le fond en contre-plaqué.

Ne pas négligez d’étayer les limons extérieurs avec des chandelles à vis en clouant leurs platines contre leurs chants (avec, si besoin, des cales découpées en biseau).

Après avoir découpé à la bonne dimension le contre-plaqué (épaisseur 5 mm), clouez-le sur les supports en planches de la première volée puis sur le palier.

Vue d’en bas de la paillasse avec ses deux volées de contre-plaqué et du palier. Le tout armé de treillis soudés à mailles rectangulaires. N’oubliez pas de faire rentrer ce treillis dans la maçonnerie.

Sans deux points d’ancrage au moins, le ferraillage n’est d’aucune utilité. Le treillis de la 1ère volée est donc renforcé et arrimé au sol par quatre fers tors (10 mm de ø).

Faites de même pour solidariser la partie haute avec le treillis du palier. Notez que l’extrémité des fers est recourbée pour être scellée dans la saignée lors du coulage.

Maintenez l’armature écartée du fond à l’aide de cales (ép : 3 cm environ), pour qu’elle soit bien enrobée dans le béton. Pour démouler l’ouvrage, badigeonnez d’huile le fond en contre-plaqué.

Fermez le coffrage sur les côtés. Fixez une planche de coffrage (L 30 x l 350 cm), au-dessus de la ligne de foulée contre le 1er refend. Côté extérieur, faites de même pour former un caisson.

En partant du bas, posez les premières «marches» (en fait les contre-marches), positionnées selon le tracé de référence (dessiné sur le mur). Contrôlez l’horizontalité et l’aplomb avec un niveau à bulle de chacune d’elles.

De chaque côté, vissez des tasseaux entre le chant des contremarches et la planche latérale du coffrage (écartement constant). Faites les réglages (niveau, aplomb), nécessaires.

Faites de même pour la 2ème volée en fixant deux planches côté mur de refend et côté extérieur. Positionner les contre-marches en les vissant avec des tasseaux transversaux.

De bas en haut, coulez le béton en veillant à bien enrober l’armature. Vibrez le béton à la truelle, puis en frappant les planches avec un marteau, afin d’éliminer toute bulle d’air.

Lissez les marches avec une taloche en prenant appui sur le chant de la planche de la contremarche. Attendre 1 à 2 semaines avant de décoffrer. Conserver les étais de soutien le plus longtemps possible, au moins 1 mois.

Mode de calcul

Te Technique

Calculer votre escalier deux-quart tournant

a gauche

Mesurez la hauteur du sol fini au sol fini de l’étage (hauteur totale de l’escalier), et le reculement maximal possible (prévoir une inclinaison moyenne de 35°). Déterminez la largeur de passage nécessaire (suivant celle de la trémie, idéalement autour de 80 cm). Calculez le nombre de marches en définissant leur hauteur (12 à 17 cm), et leur profondeur (25 cm en moyenne). Assurez-vous que l’échappée (ou hauteur libre à chaque marche), soit toujours de 2 m au moins. Par exemple, une hauteur de 3 m et des marches de 18 cm de haut, avec un giron de 24 cm, donnent un escalier de 17 marches (l = 384 cm). Dessinez les plans de l’escalier avec les cotes manuellement. Si l’ouvrage est complexe et si vous maîtrisez l’informatique, aidezvous d’un logiciel de conception de plans d’escalier avec vue en 3D.
Hauteur de l’escalier : c’est la distance entre le sol où débute l’escalier et le plancher où il nous conduit.
Hauteur de marche : c’est la hauteur constante des marches.
Le giron : c’est la largeur des marches (ou profondeur).
Ligne de foulée : c’est une ligne fictive reliant tous les nez de marche successifs. Le long de cette ligne de passage, les marches sont toutes égales pour éviter les chutes.
Le reculement est la distance entre la première marche et la dernière marche suivant les dimensions de la trémie, ouverture ménagée dans l’étage supérieur pour y accéder.
Échappée : hauteur de passage prise verticalement, non pas entre le nez de marche et le plancher, mais entre la ligne de foulée (qui joint les nez de marche), et le plancher du dessus (2,10 m de haut en général).
Volée : portion d’escalier comprise entre deux paliers consécutifs. Les marches sont droites et parallèles sur une volée droite.
Paillasse : c’est la dalle en pente intégrant les marches d’une volée en béton.